Les Illots : un « vin de garage »

« Vin de garage » , un nom curieux qui apparaît dans les années 90 pour désigner des vins élaborés en petite quantité sur des terroirs bien identifiés pour produire des bouteilles de très grande qualité. Le vigneron a donc identifié sa meilleure parcelle et mis en place les moyens nécessaires pour donner le meilleur.
D’ailleurs les mauvaises langues appellent ces Vins les « bêtes à concours ».

D’abord des racines,
Une famille qui s’est donnée à la terre,
Puis une transmission,
Un appel fort de mes racines,
Et enfin la volonté de m’exprimer et de partager…
Merci Jo…

Il est des choses que d’aucun disent impossibles…
Ces mêmes choses, d’autres les réalisent…

Une petite anecdote pour commencer…
Après un premier séjour de grande randonnée au Népal, puis un autre plus engagé, puis un troisième agrémenté d’un passage au Tibet puis retour en expédition au Népal, naturellement est née l’envie très forte, le besoin de se dépasser en communiant avec l’Himalaya. Aller plus loin, aller plus haut et seul, sans « pollution occidentale ».

« C’est impossible » fut quasiment la seule phrase entendue de par l’entourage de près ou de loin, de profane ou de professionnels, d’amis ou de copains.

La joie d’être en haut et le bonheur indicible que l’on peut ressentir après avoir vaincu ses peurs, dépassé les limites que les autres vous montrent sont la récompense d’une bonne préparation, d’une volonté farouche et de l’écoute active de ceux qui sont de bon conseil. Et puis sans oublier le mental qui doit nous animer.

Le 1 Novembre 2007 sans faire parti du sérail de la montagne, je passais 30 minutes de rêve au sommet de l’Island Peak à 6189 mètres d’altitude après 10 mois de préparation, 5 semaines de marche d’approche et 11 heures pour atteindre le sommet.
Je n’avais pas écouté grand monde mais le vrai « pro », lui m’avait dit « vas y ».

Merci Hubert…
Merci à toi Pascale…

Une autre aventure mais celle-ci liée aux racines évoquées tout à l’heure : « j’ai envie de mettre en bouteille un grand vin et de le partager ».
Les mêmes remarques que pour la montagne…

C’est à croire que pour toutes les activités imprégnées de Passion, une poignée d’hommes pensent détenir les clés des mystères qui les animent.
Ils veulent en plus que surtout personne ne s’aventure sur ce qu’ils pensent être leur domaine.
J’ose espérer que ce qui suit prouve que quand on s’en donne les moyens, on peut tous se surpasser.

La préparation : 7 ans
. Pour réapprendre à cultiver la vigne, à obtenir le meilleur de chaque parcelle.
. Pour que le fruit soit « sûr ».
. Pour être  « prêt »…

Un bon vin c’est d’abord un bon fruit.
Le raisin mérite toute notre attention et tout notre amour.

Tout commence à la mi-novembre quand il s’agit de tailler les ceps de vigne.
En fait le bon moment est venu lorsque toutes les feuilles sont tombées car leur chute annonce le repli de la sève, il est alors possible de tailler sans entamer le capital énergétique de la souche.

A cette époque, nous disposons d’un délai assez important pour effectuer tous les travaux d’hiver : taille, réparation des palissages, descente des fils releveurs, épandage de l’engrais, attache des bûches quand la taille est la forme « guyot » et labour d’hiver.

Au tout début du printemps va avoir lieu le débourrement. Les bourgeons commencent à gonfler, signe qu’à nouveau la vie revient et que dame nature pousse la sève à reverdir nos paysages.

A ce moment là tout est très fragile, le moindre gel peut avoir des conséquences dramatiques, de même pendant quelques semaines, c’est le vent qui sera notre ennemi brisant les sarments encore très vulnérables.
Sans parler des maladies et des insectes qui, tout au long de la saison viendront nous ennuyer. Les principales maladies sont l’Oïdium et le Mildiou, les insectes sont les vers de la grappe et la ciccadelle.
Nous devons vraiment gérer ces problèmes qui peuvent anéantir une récolte s’ils ne sont pas appréhendés.
En revanche il appartient à chacun d’être un vigneron responsable en menant sa culture de façon raisonnée.

Que faisons nous pour cela :
choix des produits de traitement axés sur la qualité (toxicité)
Gestion du nombre des traitements (le moins possible)
Utilisation d’un appareil performant (doses, pollution)
Tracteur avec pot d’échappement vertical (gaz d’échappement)
Epamprage manuel (non chimique)
Vendange manuelle (vigne non stressée et vendange entière)
Travail du sol (pas de désherbage)
Vendange en vert (gestion du rendement)
Engrais organique (pas de chimique).

Qui a dit que la vigne doit souffrir pour donner du bon vin ?
C’est de mon point de vue une hérésie.

Nos sols sont un amas de limons accumulé au cours des débordements de la rivière qui borde les parcelles depuis des siècles.
Un sol riche et souple qui permettra d’obtenir un fruit de qualité.

La vigne va pousser et grandir, autour de mi Juin elle va fleurir…

Puis apparaîtront les grains et les grappes.

Vers Mi Juillet, au moment de la véraison, c’est-à-dire quand les grains de la taille de petits pois changeront de couleur, il va falloir « vendanger en vert ».

Ceci est une opération délicate qui se fait à la main. Le vendangeur sélectionne les plus belles grappes et celles qui sont au plus près du tronc puis coupera les autres. Et oui, on va sacrifier entre 20 et 50 % des grappes ce qui permettra d’avoir un fruit parfait avec le rendement offrant la meilleure équation possible entre quantité et qualité, pour tenter de faire un bon vin. à venir

Là les grappes restantes vont profiter pleinement de la souche, pousser dans des conditions optimales et mûrir tranquillement.


Nous allons en profiter pour effeuiller aussi les ceps c’est-à-dire enlever manuellement quelques feuilles pour que les zones fructifères soient bien aérées et bien exposées au soleil.

Maintenant nous pouvons attendre sereinement les vendanges. A partir de début Septembre il conviendra de faire des prélèvements pour relever la teneur en degré alcool et ce régulièrement. L’amplitude en terme de date de vendange peut être de 1 mois. Il n’y a pas que le degré alcool qui compte mais aussi le goût, il faudra goûter les fruits, les pépins et attendre le bon moment… Comment pouvoir envisager de faire un bon vin sans une excellente matière première ? Comme nous voulons récolter « vendange entière » pour obtenir une macération semi carbonique, et utiliser les Raffles pour apporter un aspect végétal au vin, il faudra aussi surveiller la maturité de celles-ci avant de prendre la décision de vendanger.

Enfin le jour J arrive. Nous vendangeons manuellement bien sûr et en caisses. Chaque vendangeur a des consignes strictes : couper, trier et poser délicatement dans la caisse. On ne ramasse pas ce qui n’est pas mûr.

Les caisses sont acheminées en chambre froide où elles passeront quelques heures.
Le but étant de ramener les fruits à des températures qui autoriseront une fermentation plus lente avec tous les avantages que cela peut représenter.

Puis c’est le moment de laisser s’opérer l’alchimie, cette transformation mystérieuse d’un fruit, le raisin en un nectar qui, tout au long de son évolution ne cessera de nous surprendre, de nous étonner, de nous stresser mais aussi et surtout de nous procurer tant de joies.

Mais une fois que le bébé est né, il faut l’élever…

Le choix du contenant est primordial.
Un bon fût en chêne Français avec une bonne chauffe sera nécessaire ainsi qu’un garde vin en inox pour garder le complément dans de bonnes conditions.

Il faudra au moins 1 an d’élevage en barrique avant que le bébé puisse changer de contenant. Là les soins doivent être constants pendant tous ces mois. Le bois va structurer le vin et lui permettre de se réaliser.

Une fois en bouteille, il continuera son évolution et si cette bouteille est plus grande le résultat n’en sera que meilleur. C’est ce qui nous a poussé à opter aussi pour le magnum.

Un point essentiel ici, c’est le choix du bouchon. La qualité de celui-ci doit être irréprochable.

Et la préservation ?
Un emballage « bois isotherme » afin d’éviter au vin de gros écarts de température et ce où qu’il se trouve.
L’emballage est spécialement conçu à cet effet.

Pourquoi « Les Illots » ?
C’est le nom de la parcelle tout simplement et son cabanon est bien pratique quand le soleil tape trop fort ou qu’une averse vient nous cueillir dans la vigne, c’était la moindre des choses que de vous en faire profiter.

Les joies dont nous avons parlé tout à l’heure, si vous lisez ces quelques lignes, il est temps de les partager et c’est possible puisque tout ce que je viens de vous raconter, vous pouvez le goûter, l’avoir dans votre verre et le partager avec nous.
Ce partage est quand même limité puisque la série se verra restreinte à 3 000 bouteilles les deux premières années. Vous comprendrez que nous ne nous situons pas dans le règne de la quantité qui mène bien trop souvent ce monde.
Si vous voulez aller plus loin, écrivez moi ou envoyez moi vos mails.