Le patrinoine

Le Canal du Midi

Le 5 décembre 1996, le canal du midi a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.
Cet événement est d’une grande importance d’un point de vue culturel et historique puisqu’il s’agit de la reconnaissance d’un site incontournable et unique en son genre : œuvre de Pierre Paul Riquet (1604-1680), le canal du midi ou canal des deux mers relie l’étang de Thau (Sète) à la Garonne (Toulouse).
La construction de cet ouvrage dura 14 années, de 1667 à 1681 et 15 000 ouvriers y furent employés ; par la suite, de 1777 à 1789, une jonction jusqu’à Narbonne fut créée : le canal de la Robine qui rejoint la Méditerranée à Port la Nouvelle.
Ce fut longtemps un atout économique très important pour le sud de la France, servant de voie de transport ; aujourd’hui, le canal du midi, qui a pratiquement perdu son utilité d’antan, voit se développer une nouvelle industrie : le tourisme fluvial.
De nombreuses sociétés de location de bateaux s’y sont installées, des bateliers se sont reconvertis dans la promenade en péniche.
Les différents sites du canal n’ont pas subi de grandes modifications depuis le XVII siècle et ont su conserver tout le charme de jadis.
Sur 245 kilomètres, 64 écluses retiennent inlassablement les eaux, 126 ponts enjambent les rives, 7 ponts-canaux (invention du génial Riquet) sautent les obstacles naturels, le tunnel du Malpas (165 mètres) permet toujours le passage sous la colline d’Ensérune.
Une quarantaine de communes entre l’Hérault, l’Aude et la Haute Garonne, offrent chacune leur particularité et spécialité ; et les paysages qui défilent lentement font découvrir : les étangs du Languedoc, le Biterrois, le Minervois, le Lauragais et Toulouse.

 

Les circulades

Un village circulaire, ou « circulade », est un village médiéval où le cercle constitue la base de l’organisation parcellaire.
Le Languedoc-Roussillon, et plus particulièrement l’Hérault, offrent une belle palette de ces villages circulaires, reflets de l’urbanisme roman.
L’association des Villages Circulaires vise un projet culturel de conservation, de mise en valeur et de promotion touristique de ces villages. Le label « Circulade » n’est accordé qu’en fonction de l’effort de chaque commune pour l’embellissement du site (pavage des rues, restauration des façades, fleurissement,…). Dans le département de l’Hérault, 22 communes ont reçu ce label.

Origines des Circulades
L’an mil, émergence du féodalisme, constitue une période de morcellement du pouvoir qui va se manifester notamment par la création de nombreux châteaux constituant les attributs du pouvoir local ainsi qu’une réponse à l’insécurité provoquée par les invasions successives.
Les trois puissants seigneurs, le Comte de Toulouse, le Comte de Carcassonne et le Comte de Melgueil (Mauguio), qui régnaient sur le Languedoc-Roussillon voient la subordination de leurs vicomtes devenir très superficielle. La dynastie des Trencavel avec Bernard Aton IV de Trencavel, vicomte d’Albi et de Nîmes, puis de Carcassonne, de Béziers et d’Agde, prend alors une importance accrue dans la région. Il va de soi que la maîtrise d’un territoire aussi étendu passe par son aménagement et sa défense. Certaines hypothèses verraient donc en Bernard Aton le principal fondateur des villages circulaires. Pourtant la puissance de la famille des Trencavel ne saurait effacer le rôle très important joué par le Comte de Melgueil et le seigneur de Montpellier car c’est, très probablement, à eux qu’appartient le mérite d’avoir introduit ces villages.

Pourquoi une construction circulaire ?
1. Le symbolisme chrétien.
L’idéologie médiévale était basée sur l’interdépendance de l’homme et du monde, créé par Dieu et symbolisé par le cercle. Le cercle représentait donc la forme la plus pure, le symbole de l’infini et l’emblème de la force.
2. Des impératifs de défense.
Les « Circulades » sont apparues à l’époque des invasions successives où il était primordial de se protéger et de se défendre. Pour ce, il fallait ériger un système de fortification avec des remparts construits selon des courbes pour mieux résister aux assauts. De surcroît, une construction de forme circulaire évitait de se faire surprendre par les assaillants car dépourvue d’angle mort.

 

La Voie Domitienne (via domitia)

Réalisée par le romain DOMITIUS, la voie domitienne (ou via domitia) est la plus ancienne route construite en Gaule (127 avant Jésus Christ).
Elle lie les Pyrénées aux Alpes et tout au long du chemin, à travers les âges, l’on trouvera le Pont du Gard, la Cité antique de Nîmes, le Relais d’Ambrussum, la Basilique de Saint Gilles, l’Abbaye de Valmagnes, le Château de Salses, le Palais des rois de Majorque.

La Via Domitia est restée pendant 17 siècles l’épine dorsale de la région. En construisant le réseau routier et plus tard autoroutier, nous n’avons rien inventé sinon repris le schéma existant.
Jusqu’au XVIIème, les voies romaines constitueront l’essentiel du réseau de communication.
C’est sous Louis XIV que le réseau Français sera repensé, ce qui signifie pour la via domitia : oubli sous les garrigues, utilisation en desserte de champs ou recouverte de bitume.
Depuis 1985, 9 tronçons bien conservés font l’objet d’une mise en valeur.
6 sont protégés au titre des monuments historiques :
– Beaucaire / Redessan
– Ambrussum
– Castries
– Le Crès / Castelnau
– Pinet
– Les cluses / Le Perthus
3 autres sont en cours d’étude ou de réalisation :
– Béziers / Ensérune
– Salses / St Hypolite
– Ruscino / Elne